samedi 6 juin 2020

Toute la pluie

« Toute la pluie tombe sur moi et moi je fais comme si je ne la voyais pas, je ne la sens pas »
Hier, ces paroles surgissent le long d'une promenade dans les bois. Je me mets à fredonner aux oreilles de mon bébé cette chanson entendue dans mon enfance. La voix de ma mère résonne encore dans ma tête. Quand soudain, je prends la mesure de ce que je suis en train de chanter, du sens de ces mots posés gaiement en musique. Là, tout le poids d'une éducation m’assomme. Couper de soi, de sa blessure et de ses larmes. Waouh, j'en ai des frissons...
Aujourd'hui, les tempêtes sont entrées dans la maison : le ronronnement de l'orage lointain se fait entendre toute la journée, la fatigue, la lassitude, la tristesse. Et le soir venu, c'est l'excitation, la nervosité, la rage qui explosent ; le sommeil ne vient pas. Nous sommes épuisés, lassés, les rituels n'ont plus aucun effet.

Comment faire preuve de patience et de bienveillance quand plus rien ne rassure.

Se relier, s'arrêter et vivre un moment pour exprimer, vivre les émotions présentes.
Toute la pluie tombe sur nous et nous n'allons pas nous en protéger, nous allons danser sous la pluie.

« Et je me dis qu'au fond j'en ai connu bien d'autres dans ma vie et que je m'en suis toujours sorti avec le sourire »
Là encore, on ne va pas s'en sortir car on ne va pas voir ces expériences de vie comme des trous, des vides desquels il faudrait se sortir. Plutôt des cailloux venant nous aider à ériger notre tour. Le poids de ces cailloux amassés donne de la force et de l'ancrage. Vivons nos émotions, laissons les couler comme la pluie tombe mais ne nous laissons pas tomber.

« Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile, être une femme libérée tu sais c'est pas si facile »
Bien au contraire, prenons soin de laisser couler les flots lorsque c'est nécessaire. Du goutte-à-goutte pour que ruisselle cette eau qui nous lave plutôt que d'attendre que le torrent de boue nous emporte comme la colère qui déborde.

Ça résonne ce soir et demain la page sera blanche, libre d'y inscrire ce que nous aurons envie.
le 5 juin 2020.


mardi 14 avril 2020

Nos voies

Entends-tu ma voix?

J'attends mais tu ne viens pas.

En ce temps infini

De nouveaux jours se définirons

Entends-tu cela?

Laisse les maux des mots nous sauver

Entrons dans la danse

La vie est mouvement sacré



Je sais que tu m'entends

Laissons  la porte ouverte

Je sais que tu m'entends

Laissons la porte ouverte



Entends-tu ma voie ? 

J'ai entrepris des choix



En ce temps infini

J'ai choisi de vivre



Entends-tu nos voies ?

Ensemble elles se dessinent

Entendons-nous cette fois

Entre nous

De nouveaux souffles

Entre nous 

De nouveaux souffles



le 14 avril 2020


jeudi 25 juillet 2019

Instant - performance en collaboration avec Fabienne Mella Duran, musicienne




Tout commence en un instant
Une naissance
La naissance d’un être
Amené à disparaitre.

Écoutons ses murmures, ses rires

Ses colères, ses peurs, ses tristesses et ses joies.

Écoutons la douceur gronder.
Quoi de plus intriguant, celui qui sans bruit nous en dit tant.
Laissons la parole au silence,

Éclairons de nos bougies les chemins

Dans cette intimité, rêvons des ailleurs.

Une pomme est là et des feuilles vagabondes.

On nait, on est, on est on.

Nous sommes une seule et même unité.

Ensemble, trouvons la force de nous retrouver et de naitre à nous-mêmes.



Laura Vernier

mercredi 23 janvier 2019

On

Atelier d'écriture - exercice d'écriture spontanée où l'on doit écrire pendant plusieurs minutes sans s'arrêter. Et si les idées manquent, écrire "je ne sais pas, je ne sais pas".

On

On se promène sur cette île 
Où l'on
Est si bien!

Mais tout autour, 
Sait-on ce qui se trame?
Sait-on quel impact
Notre petite vie de con
A sur cet univers?

L'univers de chacun est propre
Et pourtant nous dégueulassons la terre qui nous accueille.
On pourrait y voir clair, 
Et on a de la merde dans les yeux. 
Et quand on y voit clair, 
On se sent si petit que l'on est perdu. 
Petit et perdu au milieu de l'immensité,
Ca nous effraie.

Serait-ce pour ça que l'on ose pas voir?
On n'ose pas y croire,
On n'ose pas cheminer,
On n'ose pas changer. 

On a tant cru
Mais finalement à quoi a-t-on cru?
On a cru à ce que l'on a voulu nous faire croire.

J'ai mal au poignet, 
Dans mon corps crie cette ignorance de nous. 
On est on
Mais qui est-on?

Je ne sais pas,
Crois-tu le savoir?
Et si tu le sais, sache qu'on ne sait rien.
Rien n'est su car rien n'est plus.
Je ne sais pas, 
Mais ce que je sais, c'est cette sensation
Qui m'effraie.
Cette consommation qui pourrait nous faire perdre la tête, perdre le corps.

On est tout ça à la fois,
On est un tout, 
Tête-Corps
Un corps sans tête, 
Une tête sans corps.
Alors là, on a vraiment l'air con!

J'écris pour une durée indéterminée et c'est fou ce que j'avance vite. 
Je m'épuise, je souffle, je souffre. 

RALENTIE, l'ecriture spontanée OK
Mais pas le pilote automatique qui poursuit sa course effrénée pour crever plus vite...

MET DE L'ORDRE, les priorités
Et accepte de crier qui tu es. 

J'en ai assez parfois de ces futilités. 
On a de la merde dans les yeux.
Et moi, je veux y voir du feu, de la passion, de l'amour 
Pour qu'ensemble on crée cette île.

Je ne sais pas quelle île, 
Ce n'est pas seule que les idées naitrons.
C'est ensemble que nous naitrons.

NAITRE à nous même avant de DISPARAITRE

Ca y est, je continue à écrire vite. 
Comme si j'avais peur que ces mots m'échappent,
Peur d'oublier l'essentiel, 
Peur de ne pas être entendue, écoutée, 
Avant de disparaitre.

A jamais, 
Je dois prendre soin de moi, soin des autres, soin de cette terre sur laquelle mes pieds reposent.

Je me pose enfin.
Dans cette pause, je fais seulement de la prose.
Et tu m'écoutes, 
Si tu as envie, 
Si tu es en vie, 

On a tout à gagner, 
Rien à perdre. 
On a rien à acheter, 
Tout à créer.
A partir de rien et là
Se révèle la richesse de nos âmes, de nos êtres,
Avant de disparaitre.


Laura Vernier, le 19 janvier 2019



vendredi 2 mars 2018

Ecoute la douceur gronder



Une vieille composition qui a trouvé illustration...

La vie est comme un bonbon

Parfois sucré...

                     Comme la douceur de ta peau, de ton regard et de l'affection portée.

Parfois salé...

                     Comme cette douleur qui touche à ma féminité, cette tristesse qui parfois pointe son nez.

                                                      Tristesse d'être fragile.

Hier, un instant de grâce sur la route, la solitude, ce ciel lumineux et obscure à la fois.

Fragilité... tu me vois vulnérable et j'ai du mal à me dévoiler ainsi...

Pourquoi ? j'ai tant à apprendre de cette fragilité.

Accueillir...

Mon être pleure aujourd'hui, je m'en demande tant.

Je touche là à mon désir de perfection, je me débat encore pour être forte. 

Je n'en suis capable, 

                                                        Vulnérabilité doit être.

La vie est comme un bonbon...

Parfois piquant...

                            Mais dans tous les cas, apprécions ce que nous vivons.

                                         Maman pleure comme le ciel aujourd'hui...


                                                                                                      Laura Vernier, janvier 2018